Introduction et objectif(s) de l’étude
L’atteinte cardiaque représente une cause majeure de morbidité et de mortalité chez les patients
atteints de sclérodermie systémique (ScS). L’imagerie par résonance magnétique cardiaque (IRMc)
permet une détection précoce de cette atteinte, mais la valeur pronostique du suivi en IRMc et l’impact
des traitements immunosuppresseurs sur le risque cardiovasculaire restent mal établis. Cette étude
visait à évaluer la signification pronostique de l’évolution des paramètres d’IRMc et le potentiel effet
des traitements immunosuppresseurs sur la survenue d’événements cardiovasculaires majeurs
(MACE).
Méthode(s)
Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique incluant des patients atteints de ScS et ayant
bénéficié de 2 IRMc avec les mêmes protocoles d’acquisition. L’impact des traitements et de
l’évolution des paramètres d’IRMc sur la survenue de MACE ont été évalués au moyen d’analyses de
survie.
Résultat(s)
Quarante-quatre patients atteints de ScS ont été inclus, avec une durée médiane de suivi de
6,3[3,1–9,2] ans. L’intervalle médian entre les examens d’IRMc était de 1,5[1,0–3,9] ans. Seize (33%)
patients ont présenté des MACE. Le volume télédiastolique du ventricule droit diminuait
significativement au moment du second examen d’IRMc (p=0,04). S’agissant de l’impact
thérapeutique sur les paramètres d’IRMc, le rituximab diminuait la valeur de T1 maximale (p=0,029),
marqueur de fibrose diffuse qui était également lié à un risque accru de mortalité toutes causes
(p=0,044). Le traitement par méthotrexate était lui associé à une augmentation de la fraction d’éjection
ventriculaire gauche (p=0,032) et à une diminution du risque de survenue de MACE (p=0,024).
Conclusion
Dans cette étude rétrospective, l’utilisation du méthotrexate était associée à une diminution de la
survenue de MACE. Le rituximab était associé à une diminution de la valeur maximale du T1,
marqueur de fibrose diffuse associé à une mortalité accrue. Ces résultats suggèrent un potentiel intérêt
du suivi par IRMc et un possible bénéfice des traitements immunosuppresseurs dans l’atteinte
cardiaque de la ScS.
Message(s) clé
- Dans cette étude rétrospective monocentrique comparant des IRMc consécutives chez des patients
atteints de ScS, le traitement par rituximab était associé à des modifications longitudinales de la
fibrose myocardique - Le traitement par méthotrexate était associé à une augmentation de la fraction d’éjection du
ventricule gauche ainsi qu’à une incidence plus faible d’événements cardiovasculaires majeurs.
Veille Bibliographique pour le site GFRS – Résumé par Aïcha Kante – date 21/02/26
